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Regarder l’actu cette semaine à la TV n’était pas inutile !

À la TV, après l’annonce du décès de Baudis, de vielles dames en larme : “c’était comme Juppé à Bordeaux”, “un vrai Seigneur” “notre homme, il a tant fait pour nous”… Puis derrière sur la proposition de disparition des départements et la fusion des régions, des petites gens : “si ça doit faire des économies, je suis pour”, “on a pas trop le choix de supprimer le mille feuilles, ça fera des économies” ou encore “moi je suis pour moins de fonctionnaires, ça coûte cher” -les médias ont, ça y est, suffisamment préparé le terrain- etc… On en passe des belles et bien bonnes. Mais pour faire des économies, financer par exemple le pacte de responsabilité pour redistribuer les aides publiques aux grandes entreprises et à leurs actionnaires, on peut aussi supprimer la démocratie qui coûte tellement cher ? Ne nous a-t-on pas rabâché en mars sur les chaîne d’infos le coût des élections municipales ? Supprimons les départements, fusionnons les régions et faisons disparaître les milliers d’élus locaux en arrêtant les élections si coûteuses. Remettons des barons, des Seigneurs, des Juppé, les conservateurs de droite sont tellement nostalgiques… On ne paiera plus d’impôt, mais des dîmes ou on fera des corvées ! Le débat politique part vraiment dans une mauvaise direction, et la société tout entière aussi parfois. Ça fait 15 ans que j’entends mon grand-père regretter ce retour au temps des Seigneurs, ces attaques incessantes contre la démocratie… Je comprends maintenant un peu plus ce qu’il voulait dire.

Quand il faudrait toujours plus de démocratie dans cette société malade de ses valeurs, on attaque et on fait reculer la Démocratie.

Je ne parlerai même pas de Zemmour cette semaine sur iTélé : “Taubira s’est parfaitement victimisée”, “cette histoire de banane, de Nègre, c’est monté de toute pièce”, “elle fait simplement du théâtre en faisant croire et en hurlant au racisme pour se donner une posture” “et ça fonctionne puisqu’elle est encore au Gouvernement”… L’antisémitisme n’est pas tolérable pour lui mais le racisme est “anecdotique”, on nous fait culpabiliser sur la Shoah en remettant sans cesse le débat sur la table au lieu d’en faire un vrai travail de mémoire dans le respect des victimes et de l’Histoire, une leçon de vie à jamais, mais par contre les enfants de Syrie, de Palestine, les peuples oubliés et martyrisés ne nous intéresse pas. Pire, ils nous indiffèrent. Deux poids, deux mesures. D’injustices, nous n’avancerons pas.

Décidément, regarder l’actu cette semaine à la TV n’était pas inutile : constater la manipulation, la décadence de l’intelligence collective sur la bêtise individuelle. Le recul de la grandeur Humaine…

"L’Histoire est un éternel recommencement". Est-ce donc vrai ?

Plus de trois ans. Syrie : l’horreur des crimes de guerre et de la famine ! Plus ici http://bit.ly/1gleb7V

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Toulouse. Du ciel.

"On fait un marché : tu ne légifères par sur mon utérus, et je ne te coupe pas les couilles" #Espagne #Avortement http://t.co/qZtmuSPm5H

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Excellente réaction d’André Chassaigne quand le gouvernement impose un vote bloqué sur la réforme des retraites (et la hausse immédiate des petites retraites) ! Pour aller plus loin : http://bit.ly/1dl23In.

Chistiane Taubira revient sur les attaques racistes dont elle a fait l’objet.

Les fonctionnaires, créateurs de richesse

TRIBUNE

La propagande anti-impôt bat son plein : après les hors-d’œuvre des pigeons et des poussins en 2012, et des plumés en 2013, voici le temps de l’idéologie pure, sans fard, sans masque : ras-le-bol fiscal, nous matraque-t-on vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il ne manquait plus que l’épisode du «shutdown» américain pour faire éclore le nouveau concept de «fonctionnaires non essentiels» et alimenter ici le poujadisme, là-bas le tea-partysme. Face à cette offensive qui vise à détricoter par tous les bouts le manteau collectif qui protège la société, tous les intellectuels dignes de ce nom devraient joindre leurs forces pour expliquer que les travailleurs dans les services non marchands sont productifs.

Eux, qui fournissent éducation publique, santé publique, services municipaux, services dans les associations à but non lucratif, etc. produisent des choses utiles que l’on peut qualifier de valeurs d’usage. Mais ils produisent aussi de la valeur économique, qui est monétaire bien que non marchande, et qui n’est pas un prélèvement sur la production marchande. On peut le démontrer logiquement. La part du non marchand par rapport au marchand dans la production totale augmente tendanciellement grosso modo depuis la Seconde Guerre mondiale. L’idée même qu’une part déclinante puisse financer une part croissante est un non-sens.

Que faut-il en déduire ? Lesdits prélèvements obligatoires sont effectués sur un PIB déjà augmenté du fruit de l’activité non marchande, et non pas sur le seul produit marchand. L’erreur qui circule parmi les économistes depuis l’aube de l’économie politique confond la définition du travail productif destiné à grossir le capital privé et la définition du travail productif en soi, qui peut prendre des formes de validation collective différentes, selon que la validation est confiée au marché ou à la collectivité. C’est ce qu’avaient compris Smith et Marx quand ils concevaient le modèle pur du capitalisme, mais que ne comprennent ni les épigones du premier ni ceux du second.

Il en résulte : les travailleurs des services non marchands produisent par leur activité le revenu qui les rémunère. Les salaires de la fonction publique (Etat, collectivités territoriales, Sécu) ne sont pas prélevés sur les travailleurs de la sphère capitaliste. Et ce de la même façon que ces derniers produisent aussi les salaires qu’ils reçoivent, qu’il ne faut pas voir comme un prélèvement sur les consommateurs, bien que les dépenses d’achats de consommation retournent dans les entreprises.

Les impôts et cotisations sociales sont le prix collectif, socialisé, des services non marchands. Ils jouent le même rôle que les prix des marchandises achetées et payées individuellement. La différence est que, dans un cas, la validation de l’existence et du paiement collectif de services non marchands passe par une décision politique collective démocratique (pour des besoins sociaux à satisfaire), et que, dans l’autre cas, la validation sociale passe par le marché (pour des besoins solvables, bien que tous ne le soient pas).

On doit se débarrasser de la formule ambiguë et donc fausse : «les impôts financent les dépenses publiques». Elle entretient la confusion entre financement et paiement. Le financement de la production est, par définition, en amont de celle-ci ; le paiement est postérieur à celle-ci. La parallèle avec ce qu’il se passe dans le secteur marchand permet de le comprendre : les entreprises anticipant des débouchés investissent et embauchent en finançant cela grâce à leurs fonds propres ou à des emprunts, la vente validant ces anticipations par le biais du paiement par les acheteurs des marchandises. Les administrations publiques anticipant des besoins collectifs investissent et embauchent, et pour cela elles ont besoin d’avoir accès à un financement monétaire des investissements publics dont on verra les retombées s’étaler sur des années et des décennies, l’impôt venant en payer la correspondance chaque année. Si le gouvernement est élu démocratiquement, la décision de faire produire des services non marchands est concomitante de celle de prélever l’impôt. Mais cette concomitance ne doit pas obscurcir la différence conceptuelle et logique entre financement et paiement.

Ce qu’ont très bien compris les idéologues au service de la marchandisation de toute l’économie, c’est que les ressources humaines et matérielles que la société décide de consacrer à la sphère non marchande ne sont plus disponibles pour aller augmenter la sphère où s’accumule le capital. Ainsi, les travailleurs des services non marchands ne sont pas productifs de plus-value pour le capital mais ils le sont de valeurs d’usage ainsi que de valeur pour la collectivité. D’où les cris d’orfraie incessants des libéraux après les dépenses publiques, les impôts, les «charges sociales»… tandis qu’ils bloquent l’accès des collectivités publiques à la Banque centrale.

En termes simples, on n’a pas besoin de producteurs d’automobiles pour produire de l’éducation publique. Il suffit d’une décision consentie par la population et d’avoir la force de travail et les ressources matérielles disponibles. En termes académiques, dans une économie monétaire, l’épargne s’ajuste à l’investissement, via le revenu supplémentaire que l’investissement engendre. Croire que l’investissement public pénalise l’investissement privé, surtout en période de récession où celui-ci se raréfie, revient à croire que moins la consommation privée et la dépense publique seront fortes, plus les entreprises privées investiront pour augmenter leurs capacités de production ! Autant croire que la Terre est plate ou que les acheteurs viendront d’une autre planète.

Dernier ouvrage paru : «la Richesse, la Valeur et l’Inestimable. Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste», LLL, 2013.

Jean-Marie HARRIBEY économiste, université Bordeaux-IV

"La triste droitisation du PS"

Pour la gauche gouvernementale, le “réalisme” s’avère irréaliste : le ralliement au sens commun de droite attise “l’insécurité culturelle” sans apaiser l’insécurité économique. La cote de François Hollande dans les sondages baisse à mesure que progresse celle de Manuel Valls. De même, la “démagogie” sarkozyenne s’était révélée impopulaire : les “grands débats” sur l’identité nationale ou l’islam n’ont pas évité la défaite de 2012. Bref, “réalisme” de gauche et “démagogie” de droite ne paient pas.

Pour autant, la désaffection pour la gauche “réaliste” ne bénéficie guère à la gauche de gauche. En revanche, l’extrême droite prospère à la faveur de la dérive idéologique de la droite. C’est une raison supplémentaire pour ne pas reprendre à son compte la fausse symétrie entre les “extrêmes”. De fait, si la droitisation du paysage politique, depuis les années 1980, justifie plus que jamais de qualifier leFront national de parti d’extrême droite, être à la gauche du Parti socialiste n’est plus synonyme de radicalité !

Pourquoi l’échec de la première ne fait-il pas le succès de la seconde ? On aurait tort d’invoquer quelque logique mécanique, la crise économique déterminant la droitisation de la société française. D’une part, l’expérience historique nous rappelle que, en même temps que les fascismes européens, les années de la Grande Dépression ont vu fleurir le New Deal aux Etats-Unis et le Front populaire en France.

D’autre part, l’analyse des évolutions de l’opinion dément l’hypothèse d’une droitisation de la société – culturelle mais aussi économique. Quant au racisme, il ne date pas d’aujourd’hui ; il a surtout changé d’habits, puisqu’il s’autorise le plus souvent de rhétorique républicaine. Bref, la droitisation de la politique n’est pas l’effet d’une droitisation de la société française. Il faut expliquer la politique par la politique – et non par la société qu’elle prétend pourtant refléter.

SUR LE TERRAIN DU FN POUR LE CONTRER

Cette droitisation résulte donc d’un choix politique – celui qui prévaut depuis trente ans. En 1984, comment comprendre la percée du Front national ? Au lieu d’interroger le tournant de la rigueur de 1983, droite puis gauche vont s’employer àcontrer le parti de Jean-Marie Le Pen en allant sur son terrain – insécurité, immigration. C’était faire comme si l’extrême droite posait les bonnes questions. On mesure toutefois le chemin parcouru : aujourd’hui, les mêmes diraient que le Front national apporte les bonnes réponses. Certes, la gauche socialiste continue de revendiquer un “juste milieu” entre les “extrêmes” ; mais à mesure que le paysage se déporte, ce “milieu” est moins juste. Il suffit, pour s’en convaincre, de le comparer à celui de 1974.

Reste le paradoxe actuel : le Front national accuse droite et gauche de mener la même politique. Il est vrai qu’il est le seul ou presque à vouloir rompre avec l’Europe. Mais en matière d’immigration, si la gauche finit par rejoindre la droite, depuis longtemps, celle-ci chasse sur les terres de l’extrême droite. S’il faut fairel’amalgame, en matière “identitaire”, c’est donc d’UMPSFN que devrait parlerMarine Le PenOr, comme le disait son père, les électeurs préfèrent l’original à la copie. Les partis majoritaires semblent ainsi pasticher Sacha Guitry : contre le FN, tout contre…

Loin de rompre avec cette stratégie, François Hollande la reconduit. C’est ainsi qu’il choisit de mettre en avant le candidat le plus marginal, car le plus droitier, des primaires socialistes. C’est valider l’opposition chère à la droite entre angélisme et réalisme – qui débouche toujours sur le renoncement aux principes. On en voit les effets : comme Nicolas Sarkozy hier, comme Jean-Marie Le Pen avant-hier, Manuel Valls prend régulièrement le parti de choquer par des propos sulfureux (sur le regroupement familial, ou l’incapacité culturelle des Roms à s’intégrer). Et à chaque fois, un sondage vient valider son pari “auto-réalisateur” de droitisation. C’est que, comme toujours, “l’opinion” répond aux questions qu’on lui pose. Lui en soumettrait-on d’autres (si d’aventure la gauche parlait redistribution, et plus largement lutte contre les inégalités) qu’elle donnerait d’autres réponses.

C’est dans ce contexte que la “gauche de gauche”, qui se veut populaire, se trouve marginalisée. Le consensus politique, que redouble le sens commun médiatique, repose en effet sur un préjugé : le “peuple” serait forcément “populiste”, xénophobe et raciste. Mais c’est surtout qu’il devient impossible deparler d’autre chose. Jusqu’aux années 2000, il fallait 200 000 à 300 000 sans-papiers pour occuper le terrain médiatico-politique ; aujourd’hui, dans un pays de 65 millions d’habitants, il suffit de 20 000 Roms.

Mieux : François Hollande préfère s’exprimer sur le cas Leonarda, au risque de l’absurdité d’un jugement de Salomon, plutôt que de devoir justifier son choix d’une politique conforme aux attentes des marchés. Sans doute aura-t-il réussi, tel Mitterrand, à affaiblir sa gauche ; mais en se livrant aux seules pressions de la droite, il paiera son habile victoire au prix fort. Pour l’Histoire, il pourrait bien resterle président “de gauche”, entre guillemets, qui a permis en France l’avènement de l’extrême droite – sans guillemets.

Eric Fassin (Sociologue, université Paris-VIII)

Solutions locales pour désordre global

Le râleur et le citoyen

Par Denis Sieffert - 3 octobre 2013

Dans le libéralisme le plus sauvage, nous n’aurons plus de chômage mais des enfants vendront des cigarettes à l’unité dans les embouteillages.

Après le bijoutier de Nice, le bricoleur du dimanche. À quelques jours d’intervalle, une certaine France a fièrement exhibé ses nouveaux héros. Le rapprochement peut paraître audacieux – le second, dieu merci, n’a tué personne –, mais les deux ont en commun d’avoir mobilisé pour leur cause ce qu’on appelle avec un brin de condescendance la « France profonde ». Entendons-nous bien : la « France profonde », ce n’est pas « les autres ». C’est aussi vous et moi. Nous sommes tous capables de vouer les délinquants aux gémonies, d’être exaspérés par les incivilités, par une grève des transports ou la porte close d’un magasin. Nous sommes tous, à nos heures, des justiciers et des râleurs, et parfois – péché véniel – des sélectionneurs de l’équipe de France de football.

La question est de savoir si nous ne sommes que cela, ou si nous pouvons encore surmonter nos frustrations de la vie quotidienne et dominer nos passions pour réfléchir comme partie d’un tout qui s’appelle une société. Hélas, dans le cas de nos deux héros, des personnalités politiques et des idéologues mercantiles ont usé de tous les moyens pour mobiliser non le citoyen mais le râleur. Non la Justice mais le justicier. Et c’est devenu, semble-t-il, un signe des temps. Des députés et des ex-ministres en tête des manifestations niçoises, des patrons et des lobbyistes admirateurs des Tea Party américains sollicitent la plus mauvaise part de chacun d’entre nous. Certains dirigeants sont plus prompts à payer leurs salariés pour qu’ils signent ou fassent signer des pétitions que pour récompenser leur travail  [1]. L’affaire de la fermeture des magasins le dimanche est à cet égard significative. Le lobbying argumenté ne suffit plus. Il faut embrigader une partie de l’opinion. La manipuler aussi. Patrons, médias, politiques de droite, et parfois de gauche, conjuguent leurs efforts pour nous raconter une belle histoire. Ah ! Tout irait bien si les syndicats et les juges n’étaient pas des empêcheurs de tourner en rond : les bricoleurs pourraient continuer de faire leurs emplettes 7 jours sur 7, les étudiants de se faire de l’argent de poche en remplaçant les salariés non volontaires, et les salariés volontaires d’augmenter leurs revenus grâce aux heures supplémentaires. Et tout le monde serait content. Malheureusement, il y a fort à parier que la réalité serait moins idyllique.

Que se passerait-il si ce verrou sautait ? Les concurrents qui ne le veulent pas ou ne le peuvent pas seraient contraints de se mettre au diapason, ou condamnés à disparaître. Les salariés qui ne le veulent pas devraient obtempérer une fois qu’ils n’auraient plus la protection de la loi. De gré ou de force, ils remplaceraient bientôt les étudiants, renvoyés à leurs études. Après quoi, d’autres grandes enseignes appartenant à d’autres secteurs d’activité s’engouffreraient dans la brèche. Et le rapport de force étant ce qu’il est, rien n’empêcherait par exemple que l’on travaille un peu plus la nuit et pour un peu moins cher. Car l’enjeu, c’est évidemment la déréglementation de notre société. La question qui se pose est celle des limites. Où doit-on les situer ? On sait que les enseignes d’ameublement peuvent ouvrir le dimanche depuis la loi de 2008. Ce n’est pas notre propos ici de démêler les incohérences juridiques – pourquoi Ikea (ameublement) et pas Castorama (bricolage) ? –, mais de dénoncer les nouvelles conditions étranges et inquiétantes du débat politique où dominent clientélisme et démagogie. Le « râleur » est dans cette bataille – et malgré le respect que je lui dois – ce qu’on appelle un idiot utile. Il est le fantassin d’une armée dont il ne connaît ni les vrais objectifs ni les chefs. Et il est, ces temps-ci, la vedette d’un genre journalistique très en vogue : le micro-trottoir. On lui demande, à lui qui ne travaille pas le dimanche, de dire tout le mal qu’il pense de ces salariés qui ne veulent pas travailler le dimanche. Et il ne s’en prive pas.

Après tout, il n’est pas impossible que, dans les prochaines années, notre société bascule dans le libéralisme le plus sauvage. Nous n’aurons plus de chômage mais des enfants vendront des cigarettes à l’unité dans les embouteillages. Il n’est donc pas inutile de savoir où nous allons. En connaissance de cause, il y a une petite chance pour que le râleur redevienne citoyen. Ça ne sera pas grâce à tous ceux qui avancent masqués sans définir leur projet. Et ce ne sera pas grâce aux démagogues. Ceux-là se sont d’ailleurs trouvé un autre sujet de prédilection : les Roms. À cet égard, les dernières déclarations de Manuel Valls relèvent de la même logique régressive. Certes les problèmes existent, et d’abord pour les Roms eux-mêmes, mais aussi pour ceux qui habitent près de leurs campements, comme à proximité de tout bidonville. Mais à qui fera-t-on croire que c’est le problème majeur d’une société qui compte cinq millions de chômeurs ? Et comment comprendre qu’un ministre de gauche stigmatise toute une population considérée uniformément ? Cela aussi, c’est « mobiliser » la France profonde, pour une bien mauvaise cause.